Ce matin-là j’étais très en retard pour aller à l’école et j’avais grand-peur d’être grondé d’autant que M. Hamel nous avait dit qu’il nous interrogerait sur les participes et je n’en savais pas le premier mot. Un moment l’idée me vint de manquer la classe et de prendre ma course à travers champs.

Le temps était si chaud si clair !

On entendait les merles siffler à la lisière du bois et dans le pré Rippert derrière la scierie les Prussiens qui faisaient l’exercice. Tout cela me tentait bien plus que la règle des participes ; mais j’eus la force de résister et je courus bien vite vers l’école.

En passant devant la mairie je vis qu’il y avait du monde arrêté près du petit grillage aux affiches. Depuis deux ans c’est de là que nous sont venues toutes les mauvaises nouvelles les batailles perdues les réquisitions les ordres de la commandature ; et je pensai sans m’arrêter :

« Qu’est-ce qu’il y a encore ? »

Alors comme je traversais la place en courant le forgeron Wachter qui était là avec son apprenti en train de lire l’affiche me cria :

« Ne te dépêche pas tant petit ; tu y arriveras toujours assez tôt à ton école ! »

Je crus qu’il se moquait de moi et j’entrai tout essoufflé dans la petite cour de M. Hamel.

Alphonse Daudet, Les Contes du lundi, "La Dernière classe"
Plus-que-parfait de l'indicatif

Imparfait de l'indicatif

Passé simple de l'indicatif
Passé composé de l'indicatif

Présent de l'indicatif

Futur de l'indicatif


Présent de l'impératif

Présent du conditionnel

Participe présent

Participe passé

Infinitif