Toute l’armée entra dans la caverne. Elle était, en réalité, peu [PROFOND] , mais se trouvait [PROLONGE] ou plutôt [PRECEDE] par un [LARGE] couloir de roc, de sorte que rien n’était plus [FACILE] que d’agrandir son abri [NATUREL] en plaçant sur ces deux murs, [DISTANT] de quelques mètres, un toit de branches et de feuillage. Elle était d’autre part admirablement [PROTEGE] , [ENTOURE] de tous côtés, sauf vers l’entrée, d’un [EPAIS] rideau d’arbres et de buissons.


On rétrécirait l’ouverture en élevant une muraille [LARGE] et [SOLIDE] avec les belles pierres [PLATE] qui abondaient et on serait là-dedans absolument chez soi. Quand le dehors serait fait, on s’occuperait de l’intérieur.


Ici, les instincts bâtisseurs de Lebrac se révélèrent dans toute leur plénitude. Son cerveau concevait, ordonnait, distribuait la besogne avec une [ADMIRABLE] sûreté et une [IRREFUTABLE] logique.


– Il faudra, dit-il, ramasser dès ce soir tous les morceaux de planches que l’on trouvera, les lattes, les baudrions , les [VIEUX] clous, les bouts de fer.


Il chargea l’un des guerriers de trouver un marteau, un autre des tenailles, un troisième un marteau de maçon ; lui, apporterait une hachette, Camus une serpe, Tintin un mètre (en pieds et en pouces) et tous, ceci était obligatoire, tous devaient chiper dans la boîte à ferraille de la famille au moins cinq clous chacun, de préférence de [FORT] taille, pour parer immédiatement aux plus [PRESSANT] nécessités de construction, savoir entre autres l’édification du toit.
C’était à peu près tout ce qu’on pouvait faire ce soir-là. En fait de matériaux, il fallait surtout de [GROS] perches et des planches. Or le bois offrait suffisamment de [FORT] coudres [DROIT] et [SOLIDE] qui feraient joliment l’affaire. Pour le reste, Lebrac avait appris à dresser des palissades pour barrer les pâtures, tous savaient tresser des claies et, quant aux pierres, il y en avait, dit-il, en veux-tu, n’en voilà !



Louis Pergaud, La Guerre des boutons.